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Sologne : un décret impose aux chevreuils de présenter un QR code aux points de passage réglementaires des clôtures

Sologne : un décret impose aux chevreuils de présenter un QR code aux points de passage réglementaires des clôtures
© La Gazette du Sous-Bois

La Sologne n'en finit pas de faire parler d'elle. Alors que l'échéance du 1er janvier 2027 approche à grands pas pour la mise en conformité des clôtures au regard de la loi de 2023 sur l'engrillagement, la Direction départementale des territoires (DDT) du Loir-et-Cher vient de notifier, par arrêté préfectoral du 14 octobre 2024, l'ouverture d'un marché public d'un montant de 4,7 millions d'euros destiné à l'équipement numérique des passages faune réglementaires.

En clair : faute de pouvoir garantir que les quelque 4 000 kilomètres de clôtures recensés par l'Office français de la biodiversité seront mis aux normes à temps, l'administration aurait décidé de retourner le problème. Plutôt que de forcer les grillages à laisser passer la faune, on va désormais demander à la faune de se signaler.

Un dispositif en trois phases opérationnelles

Le cahier des charges, consulté par La Gazette du Sous-Bois, prévoit un déploiement en trois phases. La première, intitulée « identification et enrôlement », consiste à équiper les grands animaux — chevreuils, cerfs, sangliers et renards — d'une bague électronique homologuée RFID apposée sur le membre antérieur gauche. La seconde phase organise l'installation de bornes de lecture sans contact aux trente centimètres réglementaires ménagés au bas de chaque clôture mise en conformité. La troisième, baptisée dans les documents officiels « phase de consolidation comportementale », prévoit une campagne de sensibilisation à destination de la faune elle-même, via des panneaux pictographiques disposés en lisière.

Interrogée lors d'une réunion publique organisée le 22 octobre à Lamotte-Beuvron, la cheffe de projet mandatée par la DDT, Mme Cunégonde Flatrebise, ingénieure principale hors classe, a défendu la cohérence du dispositif avec une conviction remarquable : « Le texte impose la libre circulation de la faune. Nous garantissons cette libre circulation tout en nous assurant qu'elle est tracée, horodatée et consolidée dans notre système d'information géographique. C'est une avancée considérable pour la biodiversité connectée. »

La réaction des propriétaires : entre incrédulité et résignation administrative

Du côté des propriétaires forestiers, la nouvelle a été accueillie avec le mélange de stupeur et de fatalisme qui caractérise désormais toute communication émanant des services de l'État en matière de réglementation cynégétique. Gontran de Vilmorière, sylviculteur et propriétaire de 340 hectares dans le canton de Salbris, n'a pas caché son désarroi : « J'ai 7 kilomètres de grillage à abaisser, 4 700 euros de devis pour les poteaux et les matériaux naturels exigés par la loi, et on me dit maintenant qu'en face, on équipe les chevreuils de QR codes. Je veux bien faire des efforts, mais à un moment, il faut choisir : c'est moi qui adapte ma propriété, ou c'est le brocard qui télécharge une application ? »

La question n'est pas totalement rhétorique. Le cahier des charges mentionne en effet, à l'annexe 3, la possibilité d'une « interface utilisateur mobile permettant au gestionnaire de propriété de suivre en temps réel les franchissements de sa clôture ». L'application, provisoirement baptisée SolognApp, serait compatible iOS et Android et afficherait un bilan carbone du déplacement animalier. Elle sera gratuite la première année.

Les sanctions restent, le calendrier aussi

Le déploiement numérique ne dispense en rien du respect de l'échéance 2027. L'arrêté préfectoral rappelle avec une clarté brutale que toute clôture posée entre le 4 février 1993 et le 4 février 2023 devra être mise en conformité — hauteur ramenée à 1,20 mètre, passage de 30 centimètres au sol, matériaux naturels ou traditionnels — sans indemnisation d'aucune sorte. En cas de non-conformité constatée après le 1er janvier 2027, les sanctions prévues par la loi de 2023 s'appliquent intégralement : interdiction de chasser sur le domaine et retrait du permis de chasser pour le détenteur du droit de chasse.

Le président de la fédération départementale des chasseurs du Loir-et-Cher, M. Théodore Braguignon, a convoqué une assemblée extraordinaire pour le 8 novembre. Son communiqué tient en une phrase : « Nous demandons des réponses sur le fond, pas des QR codes sur les chevreuils. » La DDT n'avait pas encore répondu à l'heure où nous bouclions cet article.

Un bémol tout de même : les sangliers, réputés peu coopératifs lors des opérations de baguage, feront l'objet d'un protocole spécifique. Lequel est encore en cours de rédaction.

Révélation

Cet article est une satire entièrement fictive produite par La Gazette du Sous-Bois, journal parodique assumé. Il n'existe aucun arrêté préfectoral relatif à l'équipement numérique de la faune sauvage, aucune application SolognApp, aucune Mme Flatrebise ni aucun M. Braguignon. En revanche, la loi sur l'engrillagement, l'échéance 2027, les 4 000 kilomètres de clôtures recensés en Sologne et les sanctions visant la chasse sont, eux, parfaitement réels. Pour les détails concrets de mise en conformité, consultez un article sérieux — il en existe.