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Fuite de données FFTir : le gouvernement impose un « carnet de bord numérique » pour chaque arme sous peine de confiscation immédiate

Fuite de données FFTir : le gouvernement impose un « carnet de bord numérique » pour chaque arme sous peine de confiscation immédiate
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Un arrêté interministériel signé le 14 mai dernier par le secrétariat général du ministère de l'Intérieur et cosigné par la Direction générale des systèmes d'information et de communication (DGSIC) impose, à compter du 1er septembre prochain, l'obligation pour tout licencié de la FFTir de renseigner quotidiennement la position exacte de ses armes autorisées via une application baptisée ArmTrack Citoyen 2.0. L'arrêté, référencé NOR : INTD2409871A, prévoit explicitement qu'en cas de non-renseignement pendant plus de 72 heures, les services préfectoraux sont autorisés à procéder à une saisie préventive du domicile concerné, aux frais du détenteur.

Cette décision fait suite à la retentissante fuite de données subie par la Fédération française de tir, dont l'ampleur a stupéfié jusqu'aux experts les plus aguerris en cybermalveillance. Le fichier dérobé concernait en effet quelque 250 000 licenciés actifs et près de 750 000 anciens licenciés, pour un total avoisinant le million de comptes exposés. Il contenait l'état civil complet, les coordonnées domiciliaires et les numéros de licence — autant d'éléments revendus en bloc sur le darknet à des acheteurs dont les intentions n'avaient rien d'amateur philatélique.

Une réponse administrative à la hauteur de l'absurde

C'est dans ce contexte que le sous-directeur chargé des armes et explosifs à la Direction centrale de la police judiciaire, M. Gontran Pelvoisin, a présenté le dispositif lors d'une conférence de presse organisée à Nanterre le 19 mai. « Nous avons constaté que la sécurité des armes ne pouvait plus reposer sur la seule bonne foi des détenteurs », a déclaré M. Pelvoisin, avant d'ajouter : « L'État doit savoir, en temps réel, où se trouve chaque arme sur le territoire national. C'est une question de souveraineté numérique. »

L'application ArmTrack Citoyen 2.0, développée en six semaines par un prestataire informatique dont le siège social se trouve à Chișinău (Moldavie), requiert notamment que l'utilisateur photographie son coffre-fort chaque matin entre 7h00 et 9h30, avec horodatage et géolocalisation activée. Une notification push rappelle l'obligation à 9h15. Passé 9h31, un compteur de pénalité s'enclenche automatiquement.

À la Fédération française de tir, la responsable administrative du pôle réglementaire, Mme Clothilde Marquette, a confié sa perplexité lors d'un entretien téléphonique : « Nous avons informé nos licenciés de la fuite de données avec toute la transparence requise. Nous n'avions pas anticipé que la réponse institutionnelle consisterait à… leur demander de se géolocaliser eux-mêmes deux fois par jour. »

Les vrais risques, enterrés sous la bureaucratie

Car les dangers concrets, eux, n'ont pas attendu les circulaires. Entre vingt et trente cambriolages ont été directement reliés aux informations revendues sur le darknet, selon les éléments communiqués par le ministère. Plus insidieuse encore est la technique de l'usurpation d'identité : des individus se sont présentés à domicile en qualité de policiers ou gendarmes, armés du nom exact, de l'adresse et du numéro de licence de la victime, pour exiger la remise volontaire des armes. La mise en scène était d'autant plus crédible que les données dérobées étaient parfaitement exactes.

À Auxerre, un tireur licencié depuis dix-sept ans, M. Fernand Dusseaux, raconte avoir failli céder : « L'homme connaissait mon numéro de licence, ma date de naissance, le calibre de mon arme principale. Il portait un brassard. J'ai quand même demandé à voir l'OPJ, et là il a filé. » Les forces de l'ordre rappellent qu'aucune procédure de remise spontanée d'arme à domicile n'existe en droit français sans convocation écrite préalable, et que tout appel téléphonique demandant confirmation de la détention d'une arme doit être immédiatement raccroché sans autre échange.

Un tableau des réflexes que l'arrêté omet de mentionner

Pendant que l'administration peaufine son application moldave, les experts en cybermalveillance rappellent les mesures qui, elles, existent réellement et protègent effectivement la sécurité des armes :

  • Vérifier systématiquement l'identité et le mandat écrit de tout agent se présentant à domicile avant d'ouvrir quoi que ce soit.
  • Ne jamais confirmer par téléphone, même à un interlocuteur apparemment officiel, la nature ou la quantité des armes détenues.
  • Signaler toute tentative de contact suspect à la gendarmerie ou au commissariat le plus proche, ainsi qu'à la plateforme Cybermalveillance.gouv.fr.
  • Déposer plainte en cas d'usurpation d'identité avérée ou tentée, même sans préjudice matériel.
  • Renforcer si possible les dispositifs de coffre-fort agréés et vérifier que l'adresse figurant dans les fichiers fédéraux est à jour afin de faciliter les éventuelles enquêtes.

M. Dusseaux, lui, a résumé la situation avec la concision propre aux gens de terrain : « On me demande de photographier mon coffre à 9h du matin, mais personne n'a encore rappelé pour me demander si j'avais changé ma serrure. »

Révélation obligatoire

Cet article est une fiction satirique publiée par La Gazette du Sous-Bois, journal parodique assumé consacré au monde de la chasse et des sports de tir. L'arrêté NOR : INTD2409871A, l'application ArmTrack Citoyen 2.0, le sous-directeur Gontran Pelvoisin, Mme Clothilde Marquette et M. Fernand Dusseaux sont entièrement inventés. Aucune mesure de géolocalisation d'armes ni aucune obligation de photographie quotidienne de coffre-fort n'existe en droit français. En revanche, la fuite de données de la FFTir, les cambriolages qui en ont résulté et les tentatives d'usurpation d'identité signalées sont, eux, parfaitement réels — et les réflexes de prudence listés ci-dessus le sont tout autant.