Accidents de chasse 2025-2026 : l'OFB impose le « permis de porter » son arme entre deux buissons
Le bilan OFB 2025-2026 était à peine publié que le ministère chargé de la biodiversité annonçait, ce lundi 6 octobre, une mesure réglementaire d'une ampleur inédite : l'arrêté interministériel n° 2025-1142-BIO-SCH, dit « arrêté portage », soumet désormais tout titulaire du permis de chasser à l'obtention préalable d'un « certificat national de port d'arme en milieu naturel », communément baptisé CPAMN, avant toute participation à une action de chasse sur le territoire métropolitain.
La mesure, signée conjointement par la secrétaire d'État Dorothée Villeneuve-Masson et par le directeur général de l'Office, Gaston Péribois, repose sur une lecture pour le moins singulière du bilan des accidents de chasse de la saison écoulée. L'OFB y recensait 92 accidents, 4 morts — chiffre historiquement bas — et soulignait que les auto-accidents représentaient 39 % des sinistres, contre 31 % en moyenne sur vingt ans. Conclusion de l'administration : puisque le chasseur est son propre premier danger, il convient de réglementer le moment exact où il tient son arme entre ses mains, y compris lorsqu'il ne tire pas.
Quatorze heures de formation pour traverser un fossé
Le CPAMN se décompose en trois modules obligatoires, détaillés à l'article 4 de l'arrêté. Le premier, intitulé « Prise en main statique et dynamique de l'arme à feu en situation de progression végétale », dure six heures et se déroule sur un terrain homologué. Le deuxième, « Gestion posturale du portage en pente et en milieu humide », mobilise cinq heures supplémentaires et nécessite la présence d'un moniteur certifié de niveau II. Le troisième, enfin, baptisé sobrement « Maîtrise de l'angle de sécurité lors du franchissement d'obstacle bas », n'est autre qu'une version réglementée et chronométrée de la règle de l'angle des 30 degrés, déjà inscrite dans le Code de l'environnement depuis vingt ans.
« Nous ne faisons que formaliser des gestes que tout chasseur sérieux pratique depuis toujours », a déclaré Gaston Péribois lors d'une conférence de presse tenue au siège parisien de l'OFB, avenue de Suffren. Derrière lui, un panneau animé montrait en boucle un mannequin articulé franchissant une clôture grillagée avec un fusil de chasse, sous l'œil attentif d'un timer numérique.
La Fédération entre stupeur et sarcasme
La réaction de la Fédération nationale des chasseurs n'a pas tardé. Son président délégué, Raoul Bourcier-Fontaine, a convoqué une conférence de presse mercredi soir dans les locaux de la FNC, rue de Lisbonne. Devant une quarantaine de journalistes et quelques présidents fédéraux départementaux congestionnés d'indignation, il a lu, d'une voix lente et appliquée, l'intégralité de l'article 7 de l'arrêté, celui qui précise que le chasseur ayant égaré son attestation CPAMN le jour de l'ouverture encourt une amende de 750 euros et la suspension immédiate de son permis de chasser pour la durée de la saison en cours.
« Nous avons quatre morts. Quatre. C'est le chiffre le plus bas depuis que l'OFB comptabilise les accidents. La réponse de l'administration, c'est quatorze heures de formation pour apprendre à traverser un ruisseau avec son fusil. C'est un chef-d'œuvre bureaucratique », a-t-il déclaré, avant d'agiter sous les projecteurs un formulaire Cerfa de demande de CPAMN, long de onze pages.
Les contrôles OFB étendus au vestiaire
L'arrêté s'accompagne d'une extension du dispositif de contrôles OFB déjà prévu dans le cadre de la sixième opération nationale de sécurité. Selon la note de service interne obtenue par La Gazette du Sous-Bois, les agents de l'Office seront autorisés à contrôler non seulement le permis, la vignette et l'attestation d'assurance, mais également la manière dont le chasseur porte son arme lors de ses déplacements entre le véhicule et le poste. Un agent assermenté, équipé d'un rapporteur homologué par le Bureau de métrologie légale, pourra mesurer sur le terrain l'angle de portage du canon par rapport au plan horizontal et verbaliser tout écart supérieur à cinq degrés par rapport aux normes fixées à l'annexe III du texte.
À Montaignac-sur-Corrèze, le président de la société de chasse locale, Bernard Trémaillon, soixante-deux ans et quarante ans de permis, a résumé le sentiment général en rangeant son carnet de battue : « La prochaine fois, j'apporte mon équerre. »
Un texte qui divise jusqu'au Conseil d'État
Trois recours en référé-suspension ont d'ores et déjà été déposés devant le tribunal administratif de Paris par des fédérations départementales de l'Ariège, du Cantal et de la Moselle. Leurs avocats contestent notamment l'article 9, qui prévoit que le CPAMN devra être renouvelé tous les trois ans et que tout chasseur n'ayant pas subi d'auto-accident depuis dix saisons sera soumis à un « audit comportemental préventif » dont les modalités seront définies par décret ultérieur.
L'audience est fixée au 14 novembre. L'ouverture générale de la chasse, elle, a eu lieu le 28 septembre. Entre les deux, des milliers de chasseurs ont simplement sorti leur gibecière, chargé leur voiture et rejoint leurs compagnons dans les bois, exactement comme ils le font depuis des décennies, avec le sérieux et la vigilance que les chiffres réels de la sécurité à la chasse traduisent saison après saison.
Cet article est une fiction satirique publiée par La Gazette du Sous-Bois. L'arrêté interministériel n° 2025-1142-BIO-SCH, le certificat CPAMN, les personnages de Dorothée Villeneuve-Masson, Gaston Péribois, Raoul Bourcier-Fontaine et Bernard Trémaillon n'existent pas. Aucune de ces mesures n'a été adoptée ni envisagée. Les données chiffrées sur les accidents (92 victimes, 4 morts, 39 % d'auto-accidents) sont en revanche issues du vrai bilan OFB 2025-2026, commenté sérieusement sur CoeurDeChasse.com.