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Tir Expo : le préfet de l'Indre exige désormais un bilan psychologique validé par trois experts pour accéder aux alvéoles

Tir Expo : le préfet de l'Indre exige désormais un bilan psychologique validé par trois experts pour accéder aux alvéoles
© La Gazette du Sous-Bois

Un salon du tir sportif qui se voulait grand public, une réglementation qui se voulait lisible, et un arrêté préfectoral qui remet tout à plat à soixante-trois jours de l'ouverture. Tel est le tableau qui s'offre aux organisateurs de Tir Expo, le premier événement national entièrement consacré au tir sportif, prévu les samedi 3 et dimanche 4 octobre 2026 au CNTS Châteauroux, sur le site olympique de Déols qui avait accueilli les épreuves de tir des Jeux de Paris 2024.

L'arrêté n° 36-2026-DIRDAI-004, signé le 14 juillet dernier par le préfet de l'Indre Gérard-Maxime Vautrain, était initialement passé inaperçu dans le fatras réglementaire estival. C'est la publication, ce lundi, d'une circulaire d'application de la Direction régionale de l'armement de Centre-Val de Loire qui a mis le feu aux poudres — si l'on ose dire — dans les cercles du tir compétitif.

Une accréditation en trois temps, désormais en sept

Jusqu'à la semaine dernière, la procédure d'accréditation catégorie B publiée sur le site de l'événement était déjà précise : autorisation d'acquisition et de détention de catégorie B en cours de validité imprimée depuis le compte SIA, licence FFTir valide pour la saison 2026-2027, numéro SIA du demandeur et pièce d'identité. Quatre documents, deux guichets, quinze minutes d'attente estimées par l'organisateur. Un dispositif jugé proportionné par la FFTir, dont le directeur administratif Théodore Brasselet-Aumont avait salué, lors de la présentation du salon en mai, « la clarté d'un protocole qui respecte le cadre légal sans l'alourdir inutilement ».

L'arrêté Vautrain efface cette clarté d'un trait de plume. L'article 3, intitulé sobrement « Dispositions complémentaires relatives à la manipulation d'armes soumises à autorisation dans le cadre d'événements ouverts au public », prévoit désormais qu'aucun visiteur particulier ne pourra accéder aux alvéoles de tir des essais d'armes de catégorie B sans produire, en sus des documents existants, « un rapport d'évaluation psychologique établi par un collège de trois praticiens agréés, daté de moins de quatre-vingt-dix jours ».

Le formulaire CERFA afférent, référencé 16 042*02, n'existait pas encore lors de la signature de l'arrêté. Il devrait être disponible, selon la circulaire, « dans un délai raisonnable ».

La filière armurerie convoquée en urgence

La direction des Éditions Larivière, organisatrice de Tir Expo, a aussitôt convoqué une réunion de crise en visioconférence avec les principaux exposants du salon du tir sportif. Parmi eux, Claudine Fervacque, gérante d'une armurerie corrézienne qui devait présenter trois nouvelles références semi-automatiques dans les alvéoles du hall B, ne décolère pas.

« J'ai passé quatre mois à préparer ma vitrine pour Tir Expo, confie-t-elle depuis son arrière-boutique de Tulle, entourée de cartons d'emballage et de notices en sept langues. Maintenant on m'explique que mes clients devront réserver un rendez-vous chez le psychiatre avant de venir tirer cinq cartouches sur cible en mousse. Trois psychiatres agréés. En Indre. Vous en connaissez beaucoup, vous ? »

La question n'est pas rhétorique. Le conseil départemental de l'ordre des médecins de l'Indre recense, au 1er juillet 2026, quatre psychiatres libéraux en exercice sur l'ensemble du département, dont un en congé maternité et un autre spécialisé exclusivement dans les troubles de l'enfant. Les deux praticiens restants ont été joints par notre rédaction : l'un n'a pas rappelé, l'autre a demandé à ce qu'on lui explique d'abord ce qu'est un salon du tir.

Une file d'attente projetée de dix-huit mois

Le cabinet de conseil Synergie Protocoles Publics, mandaté en urgence par les Éditions Larivière pour évaluer l'impact de la mesure, a rendu ses conclusions en quarante-huit heures. Le document, que La Gazette du Sous-Bois a pu consulter dans son intégralité, est sans appel : en considérant une fréquentation prévisionnelle de huit mille visiteurs souhaitant accéder aux essais d'armes, et compte tenu de la densité psychiatrique du bassin de Châteauroux, le délai moyen d'obtention du rapport tripartite serait de dix-huit mois. Soit une ouverture effective des alvéoles aux particuliers aux alentours du printemps 2028.

Le préfet Vautrain, sollicité par courriel, a répondu par l'intermédiaire de son directeur de cabinet, Sylvain Orgedoux : « La préfecture de l'Indre prend au sérieux la sécurité de tous les participants à des manifestations mettant en jeu des armes soumises à autorisation. Toute mesure visant à renforcer cette sécurité est, par nature, proportionnée. » Le cabinet n'a pas répondu à la question de savoir si le préfet était lui-même titulaire d'une licence FFTir.

Du côté des associations anti-chasse et anti-armes, l'accueil est en revanche enthousiaste. La porte-parole du collectif Désarmement Citoyen et Bienveillant, Nathalie Lesparre-Fonquernie, a publié un communiqué saluant « une avancée historique vers un espace public enfin libéré du bruit des détonations » — un communiqué rédigé, précise la note de bas de page, depuis Vannes, à trois cent cinquante kilomètres du CNTS Châteauroux.

Révélation obligatoire : cet article est une satire entièrement fictive publiée par La Gazette du Sous-Bois. L'arrêté préfectoral n° 36-2026-DIRDAI-004, le collège de psychiatres, le formulaire CERFA 16 042*02 et tous les personnages cités — Gérard-Maxime Vautrain, Théodore Brasselet-Aumont, Claudine Fervacque, Sylvain Orgedoux et Nathalie Lesparre-Fonquernie — sont purement inventés. La vraie procédure d'accréditation de Tir Expo reste celle publiée par les Éditions Larivière : licence FFTir en cours de validité, autorisation SIA de catégorie B, numéro SIA et pièce d'identité. Aucune de ces mesures grotesques n'existe. Renseignez-vous sur le site officiel du salon avant de réserver votre billet.