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Alouette aux pantes : le Conseil d'État impose désormais un «bilan carbone» à chaque filet déployé sous peine d'annulation de la saison

Alouette aux pantes : le Conseil d'État impose désormais un «bilan carbone» à chaque filet déployé sous peine d'annulation de la saison
© La Gazette du Sous-Bois

La décision n° 507798 rendue par le Conseil d'État le 2 octobre 2026, qui valide les arrêtés ministériels encadrant la chasse aux filets de l'alouette des champs dans quatre départements du Sud-Ouest, aurait pu clore un contentieux de plusieurs années. Elle n'a, semble-t-il, fait qu'en ouvrir un autre, autrement plus rocambolesque.

Selon des documents que la Gazette du Sous-Bois a pu consulter en exclusivité — et dont l'authenticité sera discutée plus bas —, la Direction générale de la chasse et de la faune sauvage (DGCFS) aurait transmis, dès le 14 octobre 2026, une circulaire d'application aux préfectures de Gironde, des Landes, du Lot-et-Garonne et des Pyrénées-Atlantiques. Son contenu a immédiatement provoqué une stupéfaction polie dans les sociétés de chasse de la région.

L'arrêté Villeneuve-Montfort : un texte «de précaution»

Signé par le directeur de cabinet adjoint du ministère, un certain Barnabé Villeneuve-Montfort, énarque de promotion récente et amateur déclaré de padel, l'arrêté modificatif pose une condition nouvelle à l'exercice des chasses traditionnelles aux pantes : chaque paire de filets horizontaux devra, avant déploiement, être équipée d'un capteur connecté homologué Éco-Faune III, capable de mesurer en temps réel «l'empreinte carbone globale de l'acte de capture, incluant les déplacements du chasseur, la fabrication des appeaux et l'impact thermique du café bu sur le trajet».

Le capteur, commercialisé par une start-up bordelaise dont le président du conseil d'administration est le neveu d'un conseiller ministériel — détail que la circulaire ne mentionne pas —, est proposé au prix unitaire de 347 euros hors taxes, avec un abonnement annuel de transmission des données fixé à 89 euros. Il doit être enregistré sur la plateforme nationale ChasseScopie.gouv.fr, dont le lancement technique est prévu «au plus tard début novembre», soit quatre jours après la date d'ouverture officielle fixée par l'arrêté cadre du 28 août 2025.

«On nous demande de peser le vent», confie un tendeur des Landes

Rencontré sur son terrain de chasse à Pontonx-sur-l'Adour, Gilles Darricau, tendeur depuis quarante ans et vice-président de la société de chasse communale, a déroulé ses pantes avec la sérénité de celui qui a vu passer bien des administrations. «Le capteur, je veux bien. Mais il me faudra aussi déclarer mon déjeuner dans le système ? Parce que le confit de canard du midi, ça dégage.» Il a ensuite replacé son béret et inspecté la tension de ses filets sans autre commentaire.

La circulaire prévoit également qu'en cas de dépassement d'un «seuil d'empreinte carbone individuelle» fixé à 12,4 kg CO₂ équivalent par session — seuil calculé, selon l'annexe technique, «sur la base d'un scénario de chasseur théorique résidant à 8 km du site et se déplaçant en véhicule électrique» —, la session doit être interrompue et les alouettes des champs déjà capturées relâchées après «badgeage individuel par scan optique».

Pour faciliter ce badgeage, l'arrêté Villeneuve-Montfort recommande l'acquisition d'une «douchette à code-barres longue portée adaptée à la morphologie des passereaux», disponible sur un catalogue de fournisseurs agréés dont la liste «sera communiquée ultérieurement».

La directive Oiseaux, convoquée comme argument d'autorité

Les rédacteurs du texte ont pris soin de rappeler que la décision du Conseil d'État valide la dérogation prévue à l'article 9 de la directive Oiseaux sous trois conditions strictes : sélectivité, petites quantités, absence d'autre solution satisfaisante. La circulaire ajoute une quatrième condition, absente du texte européen : la «neutralité carbone de la pratique», invoquée au titre du «principe de cohérence entre les politiques publiques environnementales». Aucun juriste interrogé par la Gazette n'a retrouvé ce principe dans un texte en vigueur, mais tous ont reconnu que «ça sonnait bien».

La LPO régionale, contactée pour réaction, aurait répondu par voie de communiqué que la mesure «allait dans le bon sens» tout en restant «insuffisante». One Voice a pour sa part annoncé un recours contre le capteur lui-même, estimant que «mesurer le carbone de la chasse revient à en légitimer l'existence».

Du côté des fédérations de chasse du Sud-Ouest, le président de la Fédération des chasseurs des Landes, Armand Lesparre-Médoc, a convoqué une réunion extraordinaire. L'ordre du jour, sobre, tenait en trois mots : «Que faire de ça ?»

Révélation — Fiction satirique

L'article que vous venez de lire est une satire entièrement inventée, produite par La Gazette du Sous-Bois, journal parodique assumé du monde de la chasse et de la nature. L'arrêté Villeneuve-Montfort n'existe pas, le capteur Éco-Faune III n'existe pas, la plateforme ChasseScopie.gouv.fr n'existe pas, et aucune obligation de «bilan carbone par session de pantes» n'a jamais été envisagée. En revanche, la décision n° 507798 du Conseil d'État du 2 octobre 2026 validant les arrêtés encadrant la chasse aux filets de l'alouette des champs aux pantes dans les quatre départements concernés est, elle, bien réelle — et constitue une victoire importante pour les chasses traditionnelles du Sud-Ouest. Tous les personnages nommés dans cet article sont fictifs.