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Hautes-Pyrénées : chaque perdrix grise de montagne devra désormais présenter un QR code individuel avant d'être tirée

Hautes-Pyrénées : chaque perdrix grise de montagne devra désormais présenter un QR code individuel avant d'être tirée
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C'est un document de quatre-vingt-deux pages, annexes techniques comprises, que les chasseurs des Hautes-Pyrénées découvrent depuis le début du mois d'octobre avec une stupéfaction polie. L'arrêté préfectoral complémentaire n° 65-2026-09-30-DDETSPP-0047, signé à Tarbes le 30 septembre 2026 par le sous-préfet délégué à la ruralité, Théophile Gautheron-Brunel, introduit ce que l'administration appelle sobrement le « dispositif de traçabilité numérique individuelle des galliformes de montagne à prélèvement plafonné ». En langage courant : chaque perdrix grise de montagne devra être identifiée électroniquement avant d'être tirée.

Un quota de 746 oiseaux, contrôlé en temps réel

Le principe de base reste celui, connu, du plan de gestion cynégétique arrêté pour la campagne 2026-2027 : le prélèvement maximal autorisé dans le département est fixé à 746 individus, répartis entre six régions naturelles en fonction des densités mesurées lors des comptages d'août. Le Bassin du Gave de Pau concentre, à lui seul, 338 prélèvements possibles. Les Vallées d'Estaing et d'Arrens sont plafonnées à 42 oiseaux. Ces chiffres découlent du bilan démographique Pyrénées 2026, produit conjointement par la fédération départementale et l'Office français de la biodiversité.

Jusque-là, rien d'inhabituel pour qui suit de près la gestion des galliformes de montagne. C'est la suite du texte qui retient l'attention.

L'arrêté préfectoral chasse complémentaire dispose en son article 7, alinéa 3, que « le prélèvement d'un individu appartenant à l'espèce Perdix perdix hispaniensis ne sera opposable aux services de l'État qu'après enregistrement préalable dudit individu dans l'application départementale GalliScan 65, version 2.4 ou ultérieure, via lecture optique du code matriciel apposé sur la bague de marquage individuelle délivrée par l'établissement agréé ». En d'autres termes : pas de scan, pas de perdrix.

Des bagues à commander « au plus tard soixante-douze heures avant la sortie »

Pour obtenir sa dotation de bagues — vendues par lot de cinq au tarif de dix-huit euros l'unité, frais de dossier non compris —, le chasseur doit se présenter muni de sa validation de permis, de son attestation d'assurance, d'une copie de son plan de battue déclaré et, précise l'annexe IV, « d'un justificatif de domiciliation numérique démontrant la compatibilité de l'appareil mobile du demandeur avec le système d'exploitation requis par GalliScan 65 ».

Fernand Lacassagne, président de l'association de chasse communale de Beaudéan, a tenté de retirer ses bagues le 6 octobre au guichet de la fédération, rue des Ursulines à Tarbes. Il en est ressorti deux heures plus tard avec un formulaire de pré-inscription et la recommandation de rappeler « après le 20 ».

« Mon téléphone est un Nokia de 2019, il ne capte déjà pas en crête, a-t-il confié à nos confrères de La Dépêche des Coteaux. Maintenant il faudrait aussi qu'il scanne une perdrix avant que je tire. Je ne suis pas sûr que la perdrix attende. »

Un protocole en sept étapes chronométrées

L'annexe II de l'arrêté détaille le protocole opérationnel. Une fois l'oiseau localisé et avant tout geste de mise en joue, le chasseur doit :

  1. Ouvrir GalliScan 65 et se connecter avec son identifiant fédéral ;
  2. Sélectionner la région naturelle correspondant à sa position GPS ;
  3. Scanner la bague de l'oiseau « à une distance maximale de quarante centimètres » ;
  4. Valider la fenêtre de confirmation ;
  5. Attendre l'accusé de réception du serveur départemental (délai moyen estimé : dix-huit secondes) ;
  6. Vérifier que le quota de la région naturelle n'est pas atteint ;
  7. Procéder au prélèvement.

Le texte ne précise pas comment le chasseur est censé apposer une bague sur un oiseau sauvage vivant en liberté. Une circulaire d'application est « en cours de rédaction », indique la préfecture dans un courriel daté du 9 octobre, sans préciser de date de publication.

L'administration rassure, la fédération « étudie »

Interrogée, la direction départementale des territoires des Hautes-Pyrénées a fait savoir, par voie de communiqué, que « le dispositif vise à garantir la robustesse scientifique du suivi du plan de gestion cynégétique et s'inscrit dans la continuité des engagements de la France en matière de biodiversité montagnarde ». Le communiqué ne comporte aucune signature nominative.

La fédération départementale des chasseurs, de son côté, a transmis à ses adhérents un message indiquant qu'elle « prend connaissance du texte et ne manquera pas de faire remonter les observations de terrain aux services compétents ». Ce qui, dans le registre diplomatique cynégétique, signifie généralement que des mots plus directs ont été prononcés en privé.

La saison, elle, est ouverte depuis le 4 octobre. Jusqu'au 29 novembre 2026, les jours de chasse autorisés excluent les mercredis, samedis, dimanches et jours fériés. Le quota de 746 oiseaux court, lui, sans interruption.

Révélation

Cet article est une fiction satirique publiée par La Gazette du Sous-Bois, journal parodique assumé du monde de la chasse et de la nature. L'arrêté préfectoral complémentaire n° 65-2026-09-30-DDETSPP-0047, l'application GalliScan 65, le protocole de scan en sept étapes et le personnage de Théophile Gautheron-Brunel sont entièrement inventés. En revanche, le quota réel de 746 perdrix grises de montagne pour la campagne 2026-2027 dans les Hautes-Pyrénées, la répartition par régions naturelles et le cadre général de l'arrêté préfectoral du 30 septembre 2026 sont, eux, parfaitement réels — et suffisamment sérieux pour mériter, de notre part, un hommage grotesque. Aucune mesure de traçabilité électronique individuelle des galliformes de montagne n'existe à ce jour.