Aller au contenu
La Gazette du Sous-Bois La Gazette du Sous-Bois

Fuligule milouin : un algorithme européen imposera désormais le sexe de chaque canard abattu à la hutte

Fuligule milouin : un algorithme européen imposera désormais le sexe de chaque canard abattu à la hutte
© La Gazette du Sous-Bois

L'arrêté du 31 août 2026 encadrant la réouverture de la chasse au fuligule milouin en France métropolitaine, à compter du 1er octobre, avait déjà suscité de vives interrogations parmi les sauvaginiers en raison de la publication tardive de ses dispositions au Journal officiel — intervenue le 24 septembre, soit sept jours à peine avant l'ouverture. Mais c'est un arrêté complémentaire, passé quasi inaperçu dans les colonnes du même Journal officiel du 25 septembre 2026, qui provoque désormais une stupeur généralisée dans les cercles de la chasse à la hutte et du gibier d'eau.

Ce texte additionnel, référencé sous la cote NOR : TREL2619847A et signé par le secrétaire d'État chargé de la biodiversité, M. Damien Fourcade-Lestrat, rend obligatoire, à compter du 1er octobre 2026, l'utilisation du module d'identification sexuelle embarqué de la plateforme ChassAdapt, désignée officiellement sous le nom de ChassAdapt-IA v.3.2. L'application, développée en partenariat avec un consortium universitaire franco-néerlandais et financée à hauteur de 2,4 millions d'euros par le programme européen Natura Connect, est présentée par ses concepteurs comme « la première solution de gestion adaptative en temps réel appliquée au quota national de fuligule milouin ».

Un protocole de tir en sept étapes chronométrées

Le dispositif imposé par l'arrêté complémentaire est détaillé à l'article 4, alinéas 3 à 11. Avant toute tentative de tir sur un fuligule milouin, le chasseur sera tenu de :

  1. ouvrir l'application ChassAdapt sur un smartphone homologué (liste fixée par décision ANFR du 18 septembre 2026) ;
  2. activer le mode « Identification anatidé » ;
  3. pointer l'objectif de l'appareil en direction de l'oiseau en vol ;
  4. attendre la validation par le module d'intelligence artificielle, matérialisée par un cercle vert clignotant ;
  5. confirmer l'identification par un double-appui tactile dans un délai de trois secondes ;
  6. enregistrer le prélèvement immédiatement après le tir, avec géolocalisation obligatoire ;
  7. transmettre les données au serveur central de l'OFB dans un délai maximal de quatre minutes.

« Le quota national de 5 000 spécimens étant commun et indivisible, la précision de la donnée sexuelle est indispensable à la fiabilité du compteur agrégé », précise la note d'accompagnement rédigée par la Direction de l'eau et de la biodiversité. En l'absence de validation numérique préalable, le prélèvement est réputé non déclaré et expose son auteur à une amende administrative forfaitaire de 450 euros par oiseau concerné, recouvrée par les services de la DREAL territorialement compétente.

La réaction des sociétés de marais : entre incrédulité et résignation

Au siège de la Société des Huttes Réunies de la Baie de l'Aiguillon, à Charron (Charente-Maritime), le président Marcel Thibaudeau, sauvaginier depuis quarante-deux ans, a reçu la nouvelle alors qu'il procédait au graissage de sa barque plate. « J'ai cru que mon petit-fils me faisait une blague », a-t-il déclaré à notre correspondant local, le regard fixé sur son téléphone à clapet — lequel, précisons-le, ne figure pas sur la liste des appareils homologués par l'ANFR. Il dispose donc d'une semaine pour s'équiper.

La situation n'est guère plus rassurante dans la Somme, où la fédération départementale a organisé en urgence, le 27 septembre, une réunion d'information à Rue. Selon le procès-verbal transmis à nos rédactions, l'ingénieur chargé de la démonstration, M. Loïc Vanderberghe, a tenté de scanner un fuligule milouin naturalisé emprunté à la salle de trophées. L'algorithme a successivement identifié l'oiseau comme une foulque macroule, un grèbe huppé et, lors du troisième essai, un « anatidé non déterminé — tir déconseillé ». La réunion s'est conclue sans vote.

Bruxelles, juge de paix inattendu

L'arrêté complémentaire stipule, à son article 9, que les données collectées par ChassAdapt-IA seront transmises en temps réel à la base européenne Wildfowl Adaptive Harvest Platform, hébergée à Utrecht. C'est en réalité ce flux transfrontalier qui a fondé la compétence réglementaire du secrétariat d'État pour imposer l'outil par voie d'arrêté simple, sans passage devant le Conseil national de la chasse et de la faune sauvage. Le cabinet de M. Fourcade-Lestrat n'a pas répondu à nos demandes de précision avant la mise sous presse.

Du côté des associations de randonneurs, l'accueil est, pour une fois, enthousiaste. « Enfin une technologie qui place le canard au centre de la décision », a réagi, depuis ses bureaux parisiens du 11e arrondissement, la présidente de l'association Chemins Libres et Serein(e)s, Mme Agathe Prolongeau-Miroir, qui confesse n'avoir jamais vu de fuligule milouin autrement qu'en photographie.

Note de la rédaction — Révélation obligatoire : Vous venez de lire un article entièrement satirique publié par La Gazette du Sous-Bois, journal parodique assumé dans l'esprit du Gorafi. Aucun arrêté complémentaire n'impose de module ChassAdapt-IA, aucun protocole en sept étapes n'existe, et MM. Fourcade-Lestrat, Thibaudeau, Vanderberghe ainsi que Mme Prolongeau-Miroir sont des personnages purement fictifs. Ce qui est réel, en revanche : l'arrêté du 31 août 2026 a bien ouvert la chasse au fuligule milouin le 1er octobre, sans moratoire sur les femelles, avec un quota national de 5 000 prélèvements reconduit à l'identique dans le cadre de la gestion adaptative pilotée par ChassAdapt. Pour les détails réglementaires exacts, rendez-vous sur CoeurDeChasse.