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Aisne : un décret préfectoral impose désormais un « permis de maïs » pour tout agrainage de sanglier, avec notification préalable aux associations de randonneurs

Aisne : un décret préfectoral impose désormais un « permis de maïs » pour tout agrainage de sanglier, avec notification préalable aux associations de randonneurs
© La Gazette du Sous-Bois

La préfecture de l'Aisne a publié, le 3 octobre 2026 au recueil des actes administratifs, l'arrêté n° 02-2026-10-03-00047 portant modification des conditions d'exercice de l'agrainage sur l'ensemble du territoire départemental. Le texte, qui entre en vigueur le 15 octobre prochain — date à laquelle la disposition d'interdiction hivernale devait théoriquement s'appliquer —, va sensiblement plus loin que la simple interdiction que les chasseurs avaient rejetée à 63,7 % lors du référendum du 19 septembre.

Selon l'article 4 de l'arrêté, tout détenteur du droit de chasse souhaitant pratiquer l'agrainage du sanglier entre le 15 octobre et le 15 février devra désormais remplir, au moins soixante-douze heures avant toute opération, un formulaire Cerfa de déclaration préalable — le n° 16702*03, surnommé d'ores et déjà « permis de maïs » dans les cantons de Vervins et de Chauny. Ce formulaire doit être accompagné d'une attestation de géolocalisation du site d'agrainage, d'un plan cadastral annoté et, disposition qui a propulsé le texte en tête des discussions dans les cafés de Saint-Quentin, d'un accusé de réception signé du référent local de l'association de randonneurs pédestres compétente sur le secteur concerné.

« Nous avons demandé une concertation, pas un veto », réagit la fédération

Le président de la fédération des chasseurs de l'Aisne, Gérard Follenfant, a reçu notification du texte le 4 octobre au matin. Selon ses propos rapportés par le bulletin interne de la fédération, il aurait parcouru les trois pages de l'arrêté debout, dans le couloir de son bureau de Laon, avant de s'asseoir lentement et de murmurer : « Ils ont lu nos statuts à l'envers. » Contacté par nos soins, M. Follenfant a confirmé que la fédération des chasseurs conteste la légalité de la mesure et qu'un recours gracieux serait déposé avant le 10 octobre.

Du côté de la préfecture, la sous-directrice chargée de l'environnement et des risques naturels, Armelle Desprez-Morin, a justifié l'arrêté par la nécessité de « rééquilibrer les usages de la forêt et des espaces ruraux dans un contexte de fréquentation croissante ». Elle a précisé que la mesure s'inscrivait dans la révision en cours du schéma départemental de gestion cynégétique de l'Aisne, dont la nouvelle version doit être validée avant le 31 mars 2027.

Soixante-douze heures et l'accord de Michel

Sur le terrain, la mécanique concrète de l'arrêté suscite une perplexité qui confine à l'incrédulité. À Ribemont, le président de la société de chasse communale, Norbert Lequesne, soixante-deux ans, adhérent depuis 1987, a sorti sa calculette. « Un sanglier ne consulte pas mon agenda. Si j'observe une vermée un lundi soir, je dépose ma déclaration mardi matin. Le délai de soixante-douze heures court jusqu'à vendredi matin. Entre-temps, j'attends l'accord écrit de Michel. »

Michel, en l'occurrence, est Michel Carbonneau, référent bénévole de l'association « Les Godillots de l'Oise-Aisne », dont le secteur couvre une grande partie de la forêt de Saint-Gobain. Joint par téléphone, M. Carbonneau a indiqué qu'il n'était « pas du tout au courant de cette affaire » et qu'il passait, lui, ses hivers en Ardèche. L'article 7 de l'arrêté ne prévoit aucun délai de réponse imposé au référent rando, ni de procédure en cas de silence ou d'absence.

Des dégâts de gibier qui n'attendent pas

La question est loin d'être anecdotique. L'Aisne figure parmi les cinq départements français les plus touchés par les dégâts de gibier imputables au sanglier, avec une indemnisation de 2,4 millions d'euros versée aux agriculteurs au titre de la saison 2025-2026, selon les chiffres communiqués par la fédération des chasseurs. L'agrainage dit de « dissuasion » — consistant à maintenir le sanglier en lisière pour l'éloigner des cultures — constitue l'un des outils reconnus dans le cadre du schéma départemental de gestion cynégétique pour limiter ces sinistres.

Or l'arrêté préfectoral ne distingue pas entre agrainage de dissuasion et agrainage de régulation : les soixante-douze heures et le formulaire Cerfa s'appliquent indifféremment. « Si le blé lève à côté d'une vermée active, je n'ai pas trois jours », résume sobrement Norbert Lequesne. La chambre d'agriculture de l'Aisne a d'ores et déjà transmis une note d'inquiétude à la direction départementale des territoires, que nous avons pu consulter.

La réglementation de la chasse dans l'Aisne sera examinée en commission départementale de la chasse et de la faune sauvage lors d'une session extraordinaire convoquée pour le 22 octobre. La fédération des chasseurs a annoncé qu'elle y présenterait une contre-proposition fondée sur le régime déclaratif simplifié en vigueur dans les départements limitrophes de la Somme et des Ardennes, jugé suffisant par les services préfectoraux de ces territoires.

Note de la rédaction — Révélation obligatoire : cet article est une satire entièrement fictive publiée par La Gazette du Sous-Bois, journal parodique assumé. Il n'existe aucun arrêté préfectoral n° 02-2026-10-03-00047, aucun « permis de maïs », aucun formulaire Cerfa 16702*03 relatif à l'agrainage, et aucune obligation d'accord préalable d'associations de randonneurs. Les personnages de Gérard Follenfant, Armelle Desprez-Morin, Norbert Lequesne et Michel Carbonneau sont entièrement inventés. Seul le référendum du 19 septembre 2026 et ses résultats (63,7 % contre l'interdiction, sur 2 250 votants parmi 11 000 adhérents) constituent des faits réels, tels que rapportés par Chasse Passion et Chassons.com. Aucune de ces mesures absurdes n'existe.