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Tir sportif : la FFA exige désormais un « bilan psychologique de la vitesse » avant toute participation aux championnats du monde

Tir sportif : la FFA exige désormais un « bilan psychologique de la vitesse » avant toute participation aux championnats du monde
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Le 9 novembre 2025 devait rester dans les annales du tir sportif français comme une journée de célébration pure. Clément Bessaguet, tireur montpelliérain de vingt-six ans, venait de décrocher le titre suprême en pistolet 25 mètres vitesse lors des championnats du monde organisés sous l'égide de l'ISSF à Berne — première médaille d'or mondiale pour un Français dans cette discipline depuis quatorze ans. Sauf que, à Paris, d'autres préoccupations avaient déjà pris le dessus.

Trois jours après la victoire, la Direction Générale de la Cohésion du Sport et des Pratiques Encadrées (DGCSPE), dont personne ne soupçonnait l'existence avant ce communiqué, publiait un arrêté signé de son directeur adjoint, M. Théodore Lampron, enjoignant la Fédération Française de Tir de produire, avant tout futur engagement international en vitesse olympique, un « bilan psychocognitif de la réactivité sous contrainte temporelle extrême » pour chaque athlète concerné. Le document, référencé DGCSPE/2025/ARR-1147-VT, précise que l'absence de ce bilan entraîne l'invalidation automatique des résultats obtenus, y compris à titre rétroactif.

Une mesure née d'un rapport de quarante-deux pages

À l'origine de l'arrêté : un rapport commandé en avril 2024 par la sous-commission « Risques comportementaux dans les sports à déclenchement balistique » — entité créée pour l'occasion et dissoute le lendemain de la remise dudit rapport. Rédigé par le cabinet de conseil Praxis-Humain, spécialisé en « performance émotionnelle durable », ce document de quarante-deux pages conclut que la série à quatre secondes du pistolet 25 mètres vitesse génère « un état de stress cognitif assimilable à un épisode de panique contrôlée » et qu'il convient, dès lors, d'en évaluer les effets sur « l'équilibre psychosocial post-compétitif du praticien ».

Interrogé par téléphone depuis le couloir d'un aéroport, le délégué technique national fictif de la FFTir, M. Gilles Auboiron, n'a pas dissimulé son incrédulité. « Ils nous demandent de prouver que nos tireurs vont bien après avoir tiré vite. Clément vient de devenir champion du monde. Il va très bien. Mieux que nous, en tout cas. »

Le bilan en question : un parcours du combattant kafkaïen

Le bilan psychocognitif exigé par l'arrêté DGCSPE/2025/ARR-1147-VT comprend, selon l'annexe technique jointe :

  • Un entretien de deux heures avec un psychologue agréé « mention sport à haute cinétique », accréditation qui n'existe pas encore mais dont la création est « envisagée pour le premier trimestre 2026 » ;
  • Un test de « résilience temporelle » consistant à réaliser cinq tâches simultanées en huit secondes, six secondes, puis quatre secondes — soit, à peu de chose près, une épreuve de vitesse olympique sans pistolet ;
  • Un questionnaire de soixante-dix-huit items sur le rapport personnel au « sentiment d'urgence induite », à remettre sous quarante-huit heures, ce qui, note la FFTir dans son courrier de réponse, constitue en soi « une urgence induite ».

Le coût de la procédure est estimé à 1 840 euros par athlète, à la charge de la fédération. Or, la délégation française engagée aux prochains championnats du monde ISSF compte dix-sept tireurs en disciplines à « déclenchement rapide ». La FFTir a transmis une demande de subvention complémentaire ; elle est en attente depuis le 14 novembre, date à laquelle M. Lampron a pris ses congés de fin d'année avec trois semaines d'avance.

L'absurde comme politique publique

Dans les clubs, la nouvelle a fait l'effet d'un coup de feu dans une salle de bibliothèque. À Montpellier, le président du club de Clément Bessaguet, M. Robert Causse, soixante et un ans, tireur lui-même depuis quatre décennies, a lu le communiqué deux fois de suite avant de le reposer sur la table de la salle de convivialité. « Je viens de comprendre, a-t-il confié à notre correspondant local, que l'administration française est capable de transformer une médaille d'or en problème administratif en moins de soixante-douze heures. C'est, à sa manière, une performance. »

Pendant ce temps, Clément Bessaguet s'entraînait. Cinq cibles, quatre secondes, pas de bilan psychocognitif. Le geste était propre. Il l'est toujours.

Révélation : vous venez de lire de la satire

Cet article est une fiction satirique publiée par La Gazette du Sous-Bois, journal parodique du monde de la chasse et de la nature dans l'esprit du Gorafi. La Direction Générale de la Cohésion du Sport et des Pratiques Encadrées, l'arrêté DGCSPE/2025/ARR-1147-VT, M. Théodore Lampron, le cabinet Praxis-Humain, M. Gilles Auboiron et M. Robert Causse sont des personnages et entités entièrement inventés. En revanche, la victoire de Clément Bessaguet en pistolet 25 mètres vitesse aux championnats du monde ISSF est, elle, bien réelle — et mérite d'être célébrée sans le moindre formulaire.