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Tir 3D par équipes : la FFTA impose un « quota de randonneurs témoins » sur les parcours du championnat de France à Amilly

Tir 3D par équipes : la FFTA impose un « quota de randonneurs témoins » sur les parcours du championnat de France à Amilly
© La Gazette du Sous-Bois

C'est une décision que peu de pratiquants avaient vue venir. À quarante-huit heures du coup d'envoi du championnat de France par équipes de tir 3D, la FFTA — Fédération française de tir à l'arc — a publié, le 17 septembre 2026 à 23 h 14, la circulaire réglementaire n° 2026-TRI-3D-114, portant obligation d'inclusion d'un « témoin de parcours non-pratiquant » au sein de chaque équipe accédant aux phases éliminatoires. Le texte, transmis aux clubs par courriel avec l'objet laconique « Mise à jour du règlement technique — Application immédiate », a provoqué une stupéfaction mesurée chez les officiels et une stupéfaction beaucoup moins mesurée chez les capitaines d'équipe réunis la veille à Amilly, dans le Loiret.

Un arrêté né d'un rapport de médiation

Selon les éléments communiqués par le service juridique fédéral, la mesure découle directement du rapport Delcourt-Favereau, remis en juillet 2026 à la direction technique nationale par une commission paritaire « Activités de pleine nature et coexistence des usagers ». Ce rapport de cent-dix-sept pages, dont dix-neuf consacrées aux seuls conflits de balisage en forêt domaniale, concluait que le tir à l'arc en milieu naturel souffrait d'un « déficit d'altérité perceptive » — une formulation que le président du comité du Loiret, Gérard Moulinier, a publiquement qualifiée de « charabia de bureau bien chauffé ».

Concrètement, chaque équipe qualifiée pour les huitièmes de finale devait désormais intégrer un randonneur volontaire ou, à défaut, un promeneur intercepté à l'entrée du site et convaincu de participer. Ce dernier n'avait aucune obligation de tirer : son rôle consistait à « observer, témoigner et, le cas échéant, exprimer un ressenti sur l'ambiance sonore du parcours ». Sa présence comptait néanmoins dans le décompte officiel des membres d'équipe pour les questions logistiques de chronométrage.

Le chaos du premier huitième féminin

Le samedi 19 septembre, dès 8 h 30, les agents d'accueil postés sur le parking de la base de loisirs d'Amilly ont procédé aux premières interceptions. Sur les seize randonneurs approchés, onze ont refusé, trois ont accepté après avoir été informés qu'un repas chaud était inclus, et deux ont demandé si c'était « pour la télé ». Brigitte Sonnefranche, 67 ans, équipée de bâtons nordiques et d'un coupe-vent turquoise, a ainsi intégré l'équipe de Robion pour son huitième de finale.

Les archères de Robion, habituées à la rigueur d'un collectif rodé, ont accueilli Mme Sonnefranche avec un professionnalisme remarqué. La capitaine, Laure Desmarets, a confié à l'issue de la rencontre que « Brigitte a demandé si la cible en forme de sanglier était vraie. Quand on lui a dit que non, elle a semblé à la fois soulagée et légèrement déçue. » Robion a tout de même franchi le cap du huitième, puis du quart, de la demi-finale, avant de s'imposer en finale 94 à 81 face à Préaux. Mme Sonnefranche, absente dès les quarts après avoir « un rendez-vous chez le podologue le lendemain matin », a été remplacée par une jeune femme venue chercher ses enfants au camping adjacent et qui a accepté sans vraiment comprendre pourquoi.

Saint-Martin-de-Crau, imperturables

Chez les hommes, le club de Saint-Martin-de-Crau a abordé la contrainte réglementaire avec une sérénité qui a forcé l'admiration. Leur témoin désigné, Maurice Estèbe, 54 ans, gérant d'une jardinerie de l'Agglomération d'Arles, marchait sur le site depuis l'aube pour « voir à quoi ça ressemblait ». Intégré à l'équipe dès les huitièmes, il a suivi les huit archères en silence, posant uniquement la question suivante après chaque cible : « Et là, un vrai animal ça serait où exactement ? » Saint-Martin-de-Crau a dominé l'intégralité de son tableau, concluant par une finale à sens unique, 114 à 78 face à Laurens. M. Estèbe a été photographié avec le trophée et a annoncé envisager de « peut-être essayer un cours ».

Les qualifications, un récit parallèle

La circulaire n'a pas effacé les paradoxes sportifs propres au format par équipes. Toulouse TAC, auteur du meilleur total féminin de qualification avec 847 points, a été sorti dès les quarts. Miramas, deuxième total masculin à 971 points, a disparu dès les huitièmes. Le règlement, avec ou sans randonneur nordique, reste impitoyable : le meilleur score de parcours ne fait pas le champion, et aucun témoin turquoise ne changera cela.

Réaction des fédérations de randonnée

La Fédération française de randonnée pédestre, contactée par notre correspondant dans le Loiret, Théophile Grangeret, a indiqué par communiqué que la mesure constituait « une avancée historique pour le dialogue entre usagers ». Le président régional, Alain Flouquet, a ajouté que son organisation étudiait la possibilité d'exiger en retour un archer dans chaque groupe de grande randonnée, « pour équilibrer ».

La Gazette du Sous-Bois est un journal entièrement satirique. La circulaire n° 2026-TRI-3D-114, le rapport Delcourt-Favereau, les quotas de randonneurs témoins, Brigitte Sonnefranche, Maurice Estèbe, Gérard Moulinier, Laure Desmarets, Théophile Grangeret et Alain Flouquet sont des personnages et documents entièrement fictifs, inventés pour les besoins de cette parodie. En revanche, les titres nationaux de tir 3D par équipes sont bien réels : Robion et Saint-Martin-de-Crau ont été sacrés champions de France à Amilly les 19 et 20 septembre 2026, et aucune mesure absurde n'a été nécessaire pour cela. Aucune de ces dispositions réglementaires n'existe.