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Championnats du monde de tir en campagne : la FFTA contrainte d'indemniser les randonneurs « traumatisés » par les archers à Yankton

Championnats du monde de tir en campagne : la FFTA contrainte d'indemniser les randonneurs « traumatisés » par les archers à Yankton
© La Gazette du Sous-Bois

C'est un communiqué de quatre pages, rédigé en français et en anglais, qui aurait atterri le 28 septembre 2026 sur le bureau de Gérard Fonlupt, directeur technique fictif de la Fédération française de tir à l'arc (FFTA), au lendemain même de la clôture des championnats du monde de tir en campagne à Yankton, Dakota du Sud. L'objet du document : l'ouverture d'une procédure d'indemnisation au bénéfice de soixante-deux randonneurs américains qui affirment avoir été « exposés sans consentement à des trajectoires de flèches dans un environnement naturel », selon les termes de l'arrêté conjoint n° 2026-WA-1147 cosigné par la Direction générale de la cohésion sociale française et le Bureau fédéral de gestion des parcs de loisirs du Dakota du Sud.

Les trois médailles françaises — une argent et deux bronze — remportées entre le 23 et le 27 septembre 2026 n'auraient, semble-t-il, pas suffi à apaiser l'émoi suscité par la présence des quatorze archers tricolores sur les parcours boisés de Yankton. « Ces individus décochaient des flèches dans la nature, à quelques mètres de chemins balisés, sans même proposer un dépliant explicatif en langue locale », aurait déclaré Patricia Ann Grellwood, coordinatrice fictive de l'association Hikers for Safe Skies, lors d'une conférence de presse organisée à la hâte dans un motel du centre-ville.

Un protocole d'encadrement psychologique jugé « insuffisant »

L'arrêté interministériel, dont La Gazette du Sous-Bois a consulté une copie que personne n'a jamais écrite, impose à toute délégation de tir en campagne constituée de plus de douze tireurs de souscrire, avant chaque compétition internationale en milieu naturel, une « assurance psychologique collective » couvrant les frais de thérapie cognitivo-comportementale de tout promeneur ayant observé, même de loin, le passage d'une flèche entre deux arbres. Le montant plancher de la garantie est fixé à 4 700 dollars par randonneur et par jour de compétition, soit, pour les cinq journées de Yankton, une facture théorique de 1 457 000 dollars pour la seule délégation française.

Gérard Fonlupt aurait convoqué une cellule de crise dès le 29 septembre au matin, dans les locaux de la FFTA à Massy. Selon un compte rendu de réunion fictif transmis à notre rédaction, le directeur technique aurait lu l'arrêté « trois fois, en croyant à chaque fois avoir mal compris », avant de demander à son assistante, Nathalie Creuzet, si la FFTA avait bien souscrit une assurance « contre les randonneurs américains sensibles ». La réponse était non.

Audrey Machinet, vice-championne du monde, convoquée comme « pièce à conviction »

Le cas le plus emblématique de cet imbroglio administratif concerne Audrey Machinet, archère du club d'Arcis-sur-Aube, sacrée vice-championne du monde en arc classique après avoir battu l'Italienne Chiara Rebagliati d'un point en quart de finale (81-80), puis la Slovène Zana Pintaric en demi-finale (58-52), avant de s'incliner en finale face à l'Américaine Casey Kaufhold (52-62). L'arrêté l'identifie nommément — sous l'appellation « archère n° 7, catégorie arc classique, pavillon bleu » — comme l'auteure d'une flèche qui aurait survolé, à une hauteur de six mètres et à une distance horizontale de quarante-deux mètres, le sentier de randonnée GR-Yankton-ouest, effrayant un groupe de quatre touristes de l'Iowa venus photographier des écureuils.

« Cette flèche se déplaçait à plus de deux cents kilomètres à l'heure dans un espace normalement dévolu à la contemplation silencieuse de la nature », aurait affirmé Douglas Peel, avocat fictif des plaignants, lors d'une audition retransmise en direct sur la chaîne locale WYKN. Il a précisé que ses clients réclamaient, en sus de l'indemnisation financière, « un geste symbolique fort », à savoir que la médaille d'argent d'Audrey Machinet soit fondue et reversée sous forme de plaquettes commémoratives aux soixante-deux randonneurs concernés.

L'arc à poulies pointé du doigt pour ses « nuisances sonores»

Les tireurs en arc à poulies n'ont pas été épargnés. L'arrêté consacre trois de ses quatre pages à la « problématique acoustique des systèmes mécaniques à cames », dont le claquement au départ de la flèche aurait, selon un rapport annexé, « perturbé le comportement de vol de deux buses variables et d'un milan noir » observés dans un rayon de trois cents mètres des cibles. Le Bureau fédéral fictif de protection de la faune ailée du Dakota du Sud réclame à ce titre une étude d'impact ornithologique rétrospective, à la charge de la FFTA, pour un montant estimé à 38 000 dollars.

Interrogé par notre envoyé spécial fictif, le jeune Jérémy Baillion, médaillé de bronze chez les moins de 21 ans après sa petite finale remportée 58-57 face au Mexicain Neil Oliver Méndez, aurait haussé les épaules avec la philosophie tranquille des gens qui viennent de gagner une médaille mondiale à dix-neuf ans : « Je vais rentrer à Mouans-Sartoux, je vais m'entraîner, et si des buses ont un problème avec mes poulies, je suis prêt à en discuter sur un parcours de campagne. »

La Gazette du Sous-Bois vous informe que l'intégralité de cet article est une pure fiction satirique. Il n'existe aucun arrêté interministériel franco-américain, aucune procédure d'indemnisation, aucune convocation d'Audrey Machinet, et aucun avocat nommé Douglas Peel. Tous les personnages institutionnels cités sont inventés. En revanche, les trois médailles françaises aux championnats du monde de tir en campagne à Yankton sont, elles, bien réelles — et elles méritent d'être célébrées sans aucun dépliant explicatif. Aucune des mesures décrites dans cet article n'existe.