Le SIG Sauer P385 interdit de démontage en France sans la présence d'un huissier agréé : le décret qui affole les stands de tir
La Direction générale de la Police nationale et le Bureau central des armes et explosifs (BCAE) auraient conjointement validé, le 17 octobre 2026, une circulaire d'application portant le numéro 2026-BCAE-1147, dont la teneur a fuité dans plusieurs fédérations de tir sportif avant même sa publication au Journal officiel. Son objet : encadrer la manipulation du nouveau SIG Sauer P385, ce pistolet 9 mm modulaire présenté par l'armurerie helvético-américaine les 23 et 24 septembre 2026 à Newington, New Hampshire, et dont l'architecture inédite aurait, selon nos informations, provoqué une réunion de crise au ministère de l'Intérieur dès le lendemain de l'annonce.
Le motif de cette agitation administrative ? Le SIG Sauer P385 est une arme de poing de catégorie B dont la particularité architecturale est la suivante : c'est le bloc de détente — et lui seul — qui est juridiquement considéré comme l'arme au sens du droit français. La glissière en acier au carbone, le module de préhension polymère, le châssis inox, le rail Picatinny, le compensateur rapporté fabriqué par fabrication additive sur la variante MACH3D : tout cela n'est, techniquement, que de l'outillage. Seul le petit module de quelques centimètres portant le numéro de série est l'arme.
« On ne savait pas où mettre le tampon »
C'est précisément cette réalité — pourtant déjà en vigueur pour le P320 dont le P385 reprend directement les chargeurs P320 double pile en 10, 15, 17 et 21 coups — qui aurait provoqué, selon nos sources, un incident mémorable lors d'une session de travail tenue à Nanterre le 29 septembre 2026. Maître Clothilde Fenouillet, attachée de direction chargée du dossier armement au sein du BCAE, aurait interpellé ses collègues avec une question demeurée depuis lors dans les annales du service : « Si je démonte le P385 pour nettoyer la glissière, est-ce que je transporte l'arme ou est-ce que je transporte un chiffon ? »
La question, rapportée par le chef de bureau Gérard Vautrin lors d'une réunion de la Fédération française de tir tenue le 8 octobre à Paris, aurait déclenché six semaines de consultations juridiques, trois saisines du Conseil d'État et la rédaction de ladite circulaire 2026-BCAE-1147. Aux termes de ce texte de dix-sept pages annexes comprises, tout détenteur légal souhaitant procéder au démontage champ de bataille du SIG Sauer P385 — opération courante, réalisable sans outil en moins de trente secondes — devrait désormais en aviser son armurier agréé quarante-huit heures à l'avance, consigner l'opération dans un registre spécifique, et, pour les manipulations impliquant le retrait du bloc de détente de son logement polymère, solliciter la présence d'un huissier de justice territorialement compétent.
Un compensateur, trois formulaires
La circulaire ne s'arrête pas au démontage. Elle aborde également l'accessoirisation du pistolet 9 mm modulaire. L'adjonction d'un point rouge sur la glissière optique-ready — prévue d'usine sur plusieurs des cinq variantes — nécessiterait le dépôt d'une déclaration modificative auprès de la préfecture dans un délai de quinze jours. Quant à l'installation du compensateur de la variante MACH3D, pièce fabriquée par impression 3D et vissée en bouche de canon, elle tomberait sous le coup de l'article R. 311-2 du Code de la sécurité intérieure dans son interprétation la plus restrictive, exigeant une autorisation préalable distincte, un formulaire CERFA spécifique — le CERFA 16042*03, lequel n'existe pas encore — et, selon l'annexe IV de la circulaire, « la production d'une attestation de non-dangerosité délivrée par un médecin agréé par la préfecture de département ».
Interrogé par nos soins, Pascal Dufourneau, président du club de tir Les Arquebusiers de la Vienne, résume le sentiment général avec la sobriété qui le caractérise : « J'ai un chargeur P320 qui traîne dans mon sac depuis trois ans, il va très bien, merci. C'est l'administration qui est en détresse. »
Les cinq variantes du SIG Sauer P385 — Compact, Carry, Full, Comp et MACH3D — partagent des canons de profil Bull en acier au carbone, une détente à face plate, un puits de chargeur chanfreiné et une poignée à quadrillage antidérapant. SIG Sauer annonce une réduction du recul pouvant atteindre 30 % selon la configuration. Selon nos informations, aucune de ces caractéristiques n'a été jugée problématique par le BCAE. C'est la présence du numéro de série sur le bloc de détente et l'absence de case prévue à cet effet dans le registre de l'armurier qui aurait, seule, paralysé six semaines de bureaucratie nationale.
Note de la rédaction — Révélation obligatoire : le présent article est une fiction satirique publiée par La Gazette du Sous-Bois, journal parodique assumé. La circulaire 2026-BCAE-1147, le BCAE dans cette forme, Maître Clothilde Fenouillet, Gérard Vautrin, Pascal Dufourneau et les Arquebusiers de la Vienne sont des personnages et entités entièrement inventés. Aucune obligation de présence d'huissier pour le démontage d'une arme, aucun CERFA 16042*03 et aucune attestation médicale de non-dangerosité n'existent. En revanche, le SIG Sauer P385 est bien réel, modulaire, et ses chargeurs sont bien compatibles avec le P320 — ce qui, en France, suffit parfois à déclencher une réunion.